LA QUESTION QUI FACHE : L’EXERCICE PROFESSIONNEL DE LA VOYANCE EST-IL POSSIBLE?

Si les témoignages de clairvoyance et de précognition spontanés abondent, si bon nombre d’entre nous semblent  confrontés -même une fois dans leur vie – à un phénomène de perception extra-sensorielle (deviner qui téléphone, avoir un rêve prémonitoire etc…) est-il réellement possible de dompter son sixième sens?

Peut-on prétendre «voir» à volonté et sur rendez-vous ? Peut-on faire de la voyance un métier sans se duper ni duper les autres?

Qu’il s’agisse des multiples dispositifs oraculaires des cultures traditionnelles -qui placent la divination au centre de leur méthodes de décision- ou des protocoles d’expérimentation découvert plus récemment par  la parapsychologie scientifique, une conclusion s’impose : si la  voyance peut, dans certains cas, se manifester sur commande, elle ne se laisse jamais capturer comme une fonction psychique ordinaire. Impossible, semble-t-il de « voir » tous les jours  aux heures de bureau…

Mais cette observation est-elle si surprenante ? Car dans la longue histoire de l’humanité, aucune culture  -mis à part la nôtre- n’a jamais imaginé pratiquer la voyance à la chaîne entre les cloisons mobiles d’un plateau téléphonique ou d’un salon organisé pour l’occasion…

Rationalisme occidental oblige, une voyance censée ne pas exister peu devenir à peu près n’importe quoi, et surtout ce dont la société à besoin pour maintenir dans l’illusion les hommes et les femmes qui espèrent encore en ses promesses : des paroles achetées impulsivement d’abord et compulsivement ensuite, et  dont la seule vocation est de prédire l’avènement du bonheur affectif et matériel pour chacun.

Comment la Voyance -capacité réelle et universelle-  qui permet de faire des choix éclairés et d’anticiper certains obstacles, pourrait-elle encore se pratiquer dans ce contexte ?

C’est pour tenter de répondre à ces questions que j’ai tenté d’élaborer -avec d’autres- un cadre qui permettrait à la voyance de se produire le plus souvent et le mieux possible, imaginé les conditions idéales de son expression, tant pour les praticiens que pour le public décidé à tenter l’expérience sans la réduire à un divertissement ou à un analgésique.

Depuis vingt-cinq ans maintenant,  je travaille à établir des règles déontologiques destinées à protéger les usagers des charlatans et à exercer mon métier à travers une pratique dans laquelle voyance et dignité peuvent se conjuguer.

Pour cela, il est impératif d’appliquer des conditions de travail qui réduisent la marge d’erreur – hélas inévitable- au minimum, rendent l’abus impossible, mais engagent toutefois ceux qui prédisent comme ceux qui consultent  à l’intégrité et la responsabilité réciproque.